Accessibilité aux Surdités

Je propose des ateliers pour les sourds et malentendants car c’est une situation qui peut entrainer des problèmes de communication et de bien-être. N’oublions pas que l’être humain est un être doué de langage (quel qu’il soit), avec son besoin inaliénable de s’exprimer. Et l’art-thérapie est un outil d’aide à la parole (quelle que soit sa nature).

Mais mes ateliers sont également destinés aux entendants, car l’art-thérapie est ouverte à TOUT LE MONDE.
Et je travaille pour le -faire ensemble-.

En tant qu’art-thérapeute, mes animations s’inscrivent dans une Créative Citoyenneté, en ce sens qu’elles sont ouvertes à TOUT PUBLIC et accessibles à tout handicap, physique, sensoriel ou mental. Elles sont couramment ouvertes aux sourds et aux malentendants.
Car Citoyenneté rime avec Humanité, elle se construit ensemble, au présent, dans le respect, la rencontre et la reconnaissance de chacun et ici, grâce à la créativité.
Je travaille pour le -faire ensemble- : composer ensemble avec chacun notre singularité, s’exprimer autrement, franchir les barrières sociales et communicationnelles, se découvrir soi et découvrir l’autre, et l’Autre (“Je est un Autre”).

Pour développer : une réflexion au sujet des ateliers tout public et accessibles

La surdité peut être une barrière communicationnelle. Et pour prendre cette image, c’est une barrière qui se franchit au minimum à deux.
Autrement dit, bien qu’étant malentendant, je suis parfaitement apte à travailler avec une personne entendante, tant que cette personne est apte à franchir cette barrière avec moi. Et jusque là, ça n’a jamais présenté de problème.
J’entends, j’écoute, je comprends, je parle et je signe.

Concernant les sourds et malentendants, il faut savoir qu’ils sont 7 millions en France. Ça ne se voit peut-être pas, mais nous sommes là !

Je le constate tous les jours : les entendants n’intègrent pas la possibilité de notre existence (pourtant bien réelle) dans la leur. Et ce, que ce soit parmi nos proches (famille, ami(e)s) ou en société, du quidam croisé dans la rue aux services publics.

La question est de savoir comment une personne atteinte de surdité assume cet handicap, qui peut représenter une barrière communicationnelle et sociale, comment va-t-elle pouvoir s’impliquer dans une société qui lui est encore trop peu adaptée, une société qui ne la prend pas suffisamment en compte.

Qui plus est, au vu de l’état actuel des choses dans la société, il est difficile, pour les sourds et malentendants, de devoir se démarquer d’emblée, de la majorité sociale. Après tout, nous sommes une minorité. Une autre question est donc de savoir comment on se sent face à une majorité encore trop indifférente.
Les Sourds ne devraient pas être considérés comme sous-citoyens.

Il est important de dire, en toute simplicité, l’existence des sourds et malentendants
existence qui n’a rien de parallèle
existence qu’il faut banaliser, sans jamais chercher à normaliser
Il faut le dire et le faire ensemble.


Allons plus loin :

Même un sourd peut entendre. Déjà sachant que les sons sont des vibrations de l’air, on peut percevoir ces vibrations. Moi-même, j’y suis très sensible. Et puis aujourd’hui, il y a toute une panoplie d’appareillages auditifs (néanmoins, c’est un droit que de ne pas souhaiter être appareillé). Il y a aussi la lecture labiale.

J’ai parlé de barrière communicationnelle, on peut aussi prendre l’image d’une bulle, une bulle autour de la personne avec sa surdité, une bulle qui filtre tous les sons. Là, pour communiquer un tant soit peu, on est obligé de s’approcher, parce que même à 5 mètres, on peut faire signe dans tous les sens, ça ne marchera pas. C’est comme dans un concert ou à une fête, en plein océan humain, la musique à fond, notre ami(e) est à 5 mètres, on est obligé d’aller jusqu’à lui/elle.

Cela amène au bruit environnant. Ca peut être très gênant. Par exemple, certains malentendants entendent toujours tout MAIS ne comprennent pas forcément. C’est là qu’est la différence : une personne entendante, les sons qu’elle entend, les mots qu’on lui dit, tout cela est compris automatiquement. Tandis que chez les personnes malentendantes, ça n’est pas automatique, c’est-à-dire qu’à chaque bruit, à chaque mot, on doit avoir le réflexe de décoder pour pouvoir comprendre. C’est là que le bruit environnant peut être gênant pour comprendre une seule personne qui s’adresse à nous.

Mais ça n’est pas le cas de TOUS les malentendants, certains ne sont pas du tout gênés. La surdité n’est pas uniforme, il n’y a pas qu’UNE surdité, mais nombre et nombre de différents degrés et tout autant de variations pour la compréhension / l’entente des paroles qui nous sont adressées, des bruits qui nous parviennent, etc… Donc c’est une question d’adaptation à chaque fois. Et cela devrait toujours être au plus grand nombre de s’adapter à la personne qui a un handicap et non l’inverse. Pourtant, nous vivons dans le monde du plus grand nombre, celui des entendants.

En conséquence, certaines personnes atteintes de surdité sont contraintes de s’adapter, trop parfois, car pour comprendre/entendre, ça dépend toujours d’un ensemble de choses : la voix de la personne, son timbre, ses intonations, son accent si elle en a un, ça dépend si elle nous regarde quand elle parle, quand la lecture labiale est utilisée, ça dépend de l’endroit où elle parle, si c’est en extérieur, et s’il y a beaucoup de bruit autour, si c’est en intérieur, et si l’acoustique de la pièce est bonne ou pas, etc…

Ça en fait des choses à prendre en compte ! Mais nous, on a l’habitude. Donc de notre côté, ça va. Mais dès qu’on demande à une personne entendante,
« Pouvez-vous répéter svp ? »,
« Pouvez-vous me regarder quand vous parlez, svp ? »,
« Pouvez-vous parler moins vite, svp ? »,
là, ça peut la perturber, car elle, elle n’a pas l’habitude, elle ne sait pas. Alors à ce moment-là, on est un peu obligé de préciser « c’est parce que je suis sourd/malentendant ».

Etant moi-même sourd et malentendant depuis 1998, je sais d’expérience que c’est un handicap qui n’est pas facile à assumer dans la vie de tous les jours. On n’a pas forcément envie d’être perçu comme « différent », c’est-à-dire que quand on se présente, c’est parfois dur de dire haut et fort : « Je suis sourd/malentendant. » parce que l’autre, en retour, risque de tendre à nous coller sur le front l’étiquette « sourd/malentendant » et on n’a pas envie d’être réduit à ça. Cela peut revenir à dire « Je suis différent donc traitez-moi différemment ». Un individu à part entière ne peut, en aucun cas, être réduit à un handicap. On utilise déjà rarement le terme de “déficient auditif”, déficient impliquant “inférieur”. Et puis, est-ce que l’autre va avoir la patience de faire attention ?… Eh oui, parce que les gens entendants n’ont pas ce réflexe et parce que tous ces autres entendants, ils ont leur personnalité à eux, pas forcément facile de dire « ouhou ! faites attention, je suis sourd/malentendant » quand on discute à plus de 3 personnes, ou dans un centre-ville, avec la circulation routière, ou dans un magasin avec le brouhaha. Quand on n’est pas capable de comprendre au téléphone, parce que les sons viennent d’une machine et ne sont pas naturels, alors pour l’administration, les prises de rdv, les renseignements, ou simplement discuter avec un ami, etc…
Devoir toujours faire attention, c’est fatiguant…

Et qu’en est-il d’une personne qui devient malentendante ou sourde en cours de vie ?
Et qui ne connaît pas la langue des signes ?…
Une position difficile d’entre-deux car d’une part, il y a la majorité entendante et parmi cette majorité, une autre majorité qui ne connaît ni les sourds ni les malentendants, d’autre part car il y a les personnes sourdes de naissance, qui connaissent en tout premier la langue des signes et -c’est un droit-, ne désirent pas apprendre à parler (l’oralisme peut être vu comme une conversion à la “culture” entendante)…
La surdité : tous ne connaissent pas la langue des signes et/ou le langage parlé complété et/ou le mime,
tous n’utilisent pas la lecture labiale,
tous ne sont pas appareillés ou appareillables…
Trouver sa place n’est pas une chose qui coule de source.
Cela ne l’est pas pour les personnes sourdes.
Et, avec toutes ces ramifications et malgré l’accessibilité (ou son manque…), il est possible qu’une personne devenant malentendante ou sourde en cours de vie, aille davantage de mal à trouver sa place chez les uns ou chez les autres.

Tout cela peut entrainer fatigue, repli sur soi-même et isolation chez une personne atteinte de surdité, pour finalement faire qu’elle se renferme et se coupe du monde, parce qu’elle appartient à une minorité invisible face à la majorité qui ne s’adapte pas autant qu’elle le devrait, c’est malheureusement une réalité.


Je suis très actif pour tout ce qui concerne la surdité.

Retrouvez-moi dans l’annuaire LSF / LPC et Réseau Dijon Sourds.

Je suis partenaire du Semeia Bar, bar à signes culturel, et bénévole pour l’association MOOD (la Main, l’Oreille et l’Œil de Dijon).

Avec Sylvie Laboux, danse-art-thérapeute, j’ai coanimé pendant 2 ans, des ateliers d’expression créative autour de la danse et des arts graphiques. Tout public et accessible à tout handicap ; temps de créativité, de mise en mouvement dans des effets corporels et jeux de danse conduisant à l’expression commune et individuelle dans la matière picturale.

Je fais des interventions en milieu scolaire (écoles maternelles, primaires) et pour les PEP21 pour animer des ateliers d’expression plastique et corporelle autour de la surdité et de la langue des signes, afin de proposer une découverte et un investissement dans de nouveaux moyens d’expression personnelle et collective.

Je participe notamment et régulièrement à la journée annuelle Jouons de nos Différences (organisée par le Pôle Handicap du CCAS de Dijon) où j’ai commencé par animer le Café-Signes du Semeia Bar et de l’Association MOOD, puis, avec des collègues art-thérapeutes, l’animation d’Expression Créative pour un Mieux-Etre, avec l’association L’Art Pour Etre.

Je participe également à des meetings et réunions, comme, par exemple, pour Allianz, compagnie d’assurance mondiale, présentant, pour la première fois, leur “Solution contact en Langue des Signes”, à Quétigny,
ou la présentation et le soutien du magazine Art’Pi, unique magazine national sur l’art et la culture pour les sourds, dans le monde,
le soutien de l’unique musée, en France, de l’Histoire et de la Culture des Sourds, à Louhans,
présentation de l’application RogerVoice (permettant aux Sourds de téléphoner),
fréquemment, des sensibilisations telles que “Musique et Surdités”, “Comment comprendre les différentes facettes des surdités”, des initiations à la Langue des Signes Française (LSF) et au Langage Parlé Complété (LPC)…
Et même des cours de tai-chi chuan accessibles aux handicapés et aux sourds et malentendants.

J’ai moi-même présenté la surdité à plusieurs reprises et lors de la soirée de présentation de mon travail, au Semeia Bar,
où j’anime des ateliers depuis février 2015
-ateliers auxquels participent des entendants mais aussi, bien sûr, des personnes atteintes de surdité, notamment des jeunes adolescents pris en charge par le CMPP (Centre-Médico-Psycho-Pédagogique) le Clos Chauveau-.

L’ensemble de mes ateliers et interventions est accessible, quel qu’en soit le cadre.